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  • Florence a été inspirée par l’article de Marc "Un nez bourbon" …

    Ben oui, l’Histoire a ses nez…et nous avons tous nos petites histoires… pleines de nez ! J’en ai retrouvé deux dans ma mémoire, de ces histoires, que vous savourerez, j’espère…. les doigts dans le nez ! :-))))

    La plus ancienne d’abord : à l’âge de 13 ans et pendant trois ans, je fus "internée"… dans un lycée qualifié d’Ecole Normale".. ; mais qui n’avait de normal pour moi que le fait que j’allais y étudier (ce que j’aimais faire d’ailleurs). J’y fus admise en préparatoire, sur dérogation car avec un an d’avance sur mes condisciples, et je me retrouvai donc un beau jour, petite wallonne vivant à Bruxelles, encadrée de Flamandes venus de tous les coins de Flandre, pour y apprendre la langue de Vondel… C’était à Gijzegem, non loin de Aalst (prononcer OOOOLCHT), internat (alors encore appelé pensionnat)gouverné de mains de maîtres par les Soeurs de St Vincent de Paul. Dès le premier jour, en pleine salle d’étude du soir et donc "publiquement" devant les quelque 200 flamandes que j’allais rencontrer ensuite chaque jour, la directrice de l’établissement m’asséna la première consigne que j’aurais dorénavant à respecter : "Vous pourrez parler autant que vous le voudrez… même en classe, et même pour interrompre un cours par vos questions..(j’avais déjà cette "curieuse" habitude et elle en avait sans nul doute été informée..) . Mais vous devrez le faire en flamand… et seulement en flamand ! ". Et je dois à la vérité de préciser ici que je n’en connaissais que deux ou trois mots, un peu d’anglais seulement ayant jusque-là agrémenté les cours de l’année précédente.

    BOF ! Je m’y suis mise… L’immersion complète, comme on l’a appelée plus tard, ça aide, dans ces cas-là ! Et très vite, j’ai assimilé les fantaisies et autres particularités des dialectes de mes condisciples.. en même temps que la grammaire du "Beschaafd Nederlands - nieuwe spelling" que l’on m’enseigna. Avec le sourire et beaucoup de rires aussi, parfois. Jusqu’au jour où, à la récréation dans l’immense cour, je me suis sentie "à nulle autre pareille" : pour un oui - ou pour un non ? - lancé mal à propos en français… je me suis entendue traiter de JODEN NEUS ! Je me suis tue.. pétrifiée et le nez glacé… et je n’ai jamais dit que chez mes parents, avant mes années d’internat et pendant près de trois ans, une jeune femme juive polonaise a dormi à côté de moi, pour échapper aux Allemands.

    C’était en 1945… La moitié du pensionnat était "réquisitionnée" pour y loger des militaires alliés. Cette année-là, ils étaient Ecossais… Et nous étions chaque matin réveillées au son des cornemuses… à 5 h… été comme hiver.

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