• Site interactif d’Ages & Transmissions asbl dédié aux tranches de vie et aux débats

  • Pour parler de la mort, il faut nécessairement parler de la vie, pas de mort sans être venu à la vie.

    Je me représente la vie comme un plus ou moins long cheminement le long d’une route plus ou moins facile à suivre.

    A l’autre bout du chemin, plus ou moins loin, et venant à notre rencontre, il y a la mort.

    Je ne me la représente pas menaçante, elle n’a ni linceul, ni faux.. C’est une amie et elle marche toute entourée de lumière, elle est libératrice. Elle vient à notre rencontre pour nous aider au passage vers « autre chose », autre chose que nous ne connaissons pas, dont nous n’avons pas la moindre idée, et par là même, qui nous fait peur.

    Ce sont les souffrances probables avant de mourir qui nous effraient, c’est ce passage vers l’inconnu qui nous fait peur, c’est l’idée de quitter ceux qu’on aime, et les beautés de la nature, qui nous fait mal, mais nul n’y échappera.

    Mille études ont été faites au sujet de la mort par des personnes les mieux douées intellectuellement, les plus instruites, mais ils n’ont apporté aucune preuve formelle de ce qu’ils avançaient, et le plus pauvre d’esprit se trouve d’égal à égal avec eux quant aux commentaires possibles sur ce thème.

    Libre à vous de croire au paradis, récompense d’une vie de sacrifices, ou à des vies successives qui vous mèneront finalement à « la Sagesse », ou encore à un total anéantissement, nul ne reviendra pour vous contredire.

    Certains ont des réminiscences de vies antérieures ou des contacts avec l’au-delà. A quoi bon le contester !

    D’autres encore, suite à de graves accidents, ont passé le seuil de la mort et en sont revenus. Ils témoignent tous de la grande difficulté qu’ils ont eue à refaire route vers notre monde à cause de la très vive attirance qu’ils avaient vers « autre chose » et ils se souviennent aussi d’une grande clarté vers laquelle ils avaient une irrésistible envie de se diriger. (1)(J.J. Charbonnier)

    Mais en tout état de cause et quoi que vous en pensiez, il est un fait indéniable, c’est que ceux qui souffrent trop appellent la mort comme une délivrance.

    Il en est qui, ayant perdu un être cher, et ne pouvant se résoudre à vivre en son absence, appellent la mort espérant qu’elle les conduise jusqu’à lui.

    D’autres ne pouvant plus supporter leurs conditions de vie, que nous jugeons parfois n’être pas dramatiques, mais qu’ils estiment insoutenables, en arrivent à se donner la mort.

    Tandis que certains, rencontrant au détour du chemin de leur vie des circonstances dramatiques, luttent avec un courage indomptable pour la conserver et ce, jusqu’aux limites de la résistance humaine.

    Il n’est pas étonnant de constater que depuis que l’euthanasie a été légalisée en Belgique, les médecins reconnaissent que le nombre de malades demandant d’y accéder a fort diminué, rassurés que sont ceux-ci de pouvoir rencontrer la mort au moment où ils décideront qu’ils ne peuvent plus vivre dans la dignité.

    Est-ce un péché contre la nature, comme le pensent certains : devons nous aller jusqu’au terme de la vie qui nous a été donnée ? Ou alors chacun a-t-il le droit de décider du moment de la quitter ? A chacun d’en juger en son âme et conscience et de prendre une décision qui ne sera certainement pas faite en connaissance de cause.

    La vieillesse et la mort sont des sujets de réflexion assez proches. Je vous livre quelques phrases rencontrées au hasard de lectures et qui m’ont parues bouleversantes, ne serait-ce que dans leurs différences :

    « Il avait commencé à mourir assez jeune… »(3)Paul Guimard

    « Car on ne meurt pas seulement de maladie quand on vieillit, on meurt quand le goût s’en va. »(2)B.Groult

    « J’ai vu mourir les amis, mais aussi des idées, des principes, des peines, des sentiments. Rien ne se ressemble plus. Je suis d’une race différente de l’espèce humaine où je m’achève…. »(3)P.Guimard

    « Il n’y a pas d’autre remède à la mort que l’indifférence. Si, il y l’amour de la vie ! »(2)B.Groult

    « Et où que le voyage mène, fût-ce nulle part, ne sommes-nous pas déjà gagnants si les seuls préparatifs ont illuminé notre attente et notre vie ? » (4)Ch.Singer

    « Vous voudriez connaître le secret de la mort. Mais comment le trouverez-vous sinon en le cherchant dans le cœur de la vie. » (6)K.Gibran

    « C’est seulement lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
    Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin à monter.
    Et lorsque la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment ».(6)K.Gibran

    « Dans la mort d’un être aimé, le plus facile à supporter est le chagrin, sentiment simple et indiscutable. Ensuite, on constate que le mort n’est pas parti seul et qu’il a emporté un morceau de soi…. »(2)B.Groult

    Et pour terminer ces quelques lignes sur le sujet …

    « Je suis moi, vous êtes vous,
    Ce que nous étions les uns pour les autres,
    Nous le serons toujours……..
    Pourquoi serais-je hors de vos pensées ?
    Simplement parce que je suis hors de votre vue ?
    Je vous attends,
    Je ne suis pas loin,
    Juste de l’autre côté du chemin » (5)Ch. Peguy

    (1) »L’après-vie existe »- Docteur Jean-Jacques Charbonnier –anesthésiste-réanimateur.
    (2) « Mon Evasion » Benoite Groult
    (3) « L’âge de Pierre » Paul Guimart
    (4) Christiane Singer
    (5) Charles Peguy (Poèmes)
    (6) « Le Prophète » Khalil Gibran.

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    • message  2549

      Mort, qui es-tu ? par Christine H.

      6 octobre 2010, par Mirabelle

      J’ai lu et recommande comme un plaisir à partager le très beau livre de Christiane Singer, qu’elle a écrit au fil de ses derniers mois de vie (elle est décédée d’un cancer).
      "Derniers fragments d’un long voyage"
      Son livre est très intense en spiritualité et poésie, il offre une parole sur ce temps de passage de la vie vers la mort.
      C’est un livre qui m’accompagne et que je retrouve quand je suis confrontée à la mort ou proche départ de l’un ou l’autre que j’aime (c’est arrivé ces dernières années …)
      "Ce qui est bouleversant c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. Tous les barrages craquent. C’est la noyade, c’est l’immersion. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création."
      Mirabelle (Corsaire à ses heures)


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    • message  2545

      Mort, qui es-tu ? par Christine H.

      5 octobre 2010, par jeannine K

      je vous suggère la lecture du livre de Fabrice Hadjadj
      "Réussir sa mort " ( auto-méthode pour vivre )
      on parle toujours de réussir sa vie mais à quoi bon cette réussite si la mort doit tout réduire à rien ?
      ce livre propose une anti-méthode pour acceuillir l’échec et la perte
      pas morbide du tout !


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    • message  2535

      Mort, qui es-tu ? par Christine H.

      16 septembre 2010, par Jose trussart

      Voici un regard modéré sur la mort, ouvert , serein et "politiquement correct" en ce sens qu’il laisse à chacun le droit d’en penser ce qu’il veut. Regard distant donc mais ne s’engageant pas dans la révélation de son propre sentiment vis-à-vis de la mort.
      Sans aucun doute, la majorité des humains ne peuvent se résigner à une disparition absolue de leur petite personne.
      Le néant leur fait peur.
      Personnellement, il me plait d’imaginer que mes cendres nourriront à leur tour la Terre qui m’a produit et m’a nourri.
      Et c’est bien ainsi, car l’espèce humaine ,dans le cadre de l’évolution universelle,disparaîtra comme les civilisations et mes cendres,elles, ne cesseront de ressourcer la terre avant qu’elle n’expire à son tour.
      J.T.


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