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    Cela fait 20 jours que je suis sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Je suis parti de Vézelay (en Bourgogne) le 15 avril. Je suis arrivé hier soir à Limoges.

    Je fais en moyenne 25 km/jour. Il y a eu des étapes de 30 km. Mais c’est tuant. 8 heures de marche par jour, c’est trop. A l’entraînement en Belgique, je faisais entre 5 et 6km/h. Mais sur le chemin de St Jacques, c’est surtout des petites routes, parfois à travers les bois et champs. Dans le Berry et la Creuse, ça monte et ça descend comme au Tour de France. Je fais à peine un peu plus de 4km/h. Et encore, si je ne me trompe pas. Je me suis déjà trompé 2 fois : problème de balisage mal indiqué - en forêt ou à l’orée d’un bois - et traversée du canal du Berry, ce qui fait un détour de 10km. Ce canal est très joli d’ailleurs, au pays de George Sand.

    Voilà le topo.

    Un vieil adage espagnol dit que « les 3 ennemis des pèlerins, ce sont les pieds, les chiens et les curés ».
    Les pieds : j’en ai des cloches partout. Heureusement, il y a des « Compeed » seconde peau. N’empêche, cela reste encore douloureux en marchant.
    Les chiens : j’en ai déjà eu 5 qui me poursuivent. Heureusement, il y a le Bâton du pèlerin. Un labrador beige m’a poursuivi pendant 5 minutes, j’ai dû me battre en hurlant comme les samouraïs. Les chiens dans la campagne en France sont souvent libres.
    Les curés : vous donnent l’hospitalité mais sont parfois tentés de vous convertir à leur religion. Comme je faisais partie de l’UCL avec le C comme Curé, j’en suis immunisé.

    Si tout marche bien (Inch Allah), j’arriverai à St Jacques dans la 1ère quinzaine de juillet.

    Voilà pour les nouvelles générales.

    Bien que je marche seul, il y a plein de gens qui m’accompagnent : je pense aux milliers de pèlerins qui ont foulé ces sentiers depuis plusieurs siècles, je pense aux gens que j’aime et que je porte dans mon cœur. Rappelez-vous la dernière scène du film « Vol au-dessus d’un nid de coucou » avec l’indien qui est le copain de Jack Nicholson, dans l’asile psychiatrique. La nuit où l’indien s’est évadé, il est venu étouffer Jack Nicholson dans son lit avec son oreiller et puis il s’est enfui vers la liberté avec l’esprit de ce dernier dans la tête. Je me sens en marchant comme dans la peau de cet indien, avec dans ma tête tous ces gens qui m’ont apporté quelque chose dans ma vie.

    J’ai rencontré un jour, sur le chemin, un hollandaise. On a sympathisé en marchant. A un certain moment, elle me demande en anglais : “How do you feel when you are walking on the road ? Do you feel FREE ?”. Après un instant de réflexion, je lui réponds : « More than FREE. Sometimes, I think I can FLY ». Elle me regarde dans les yeux et me dit simplement : « Me too … ». Un instant d’éternité qu’on ne peut acheter pour tout l’or du monde…

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