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    Notes de François Verhulst (avril 08) complétées suite à la réunion du groupe de réflexion d’A&T sur la simplicité volontaire du 8 avril 2008 : en italique dans le texte.

    1. La croissance

    - La croissance est un concept économique qui a pris sa place à partir de la révolution industrielle et surtout après la deuxième guerre mondiale
    Après la deuxième guerre mondiale, la croyance dans le développement technique quasi illimité et dans les vertus de la mondialisation se sont installés, tant comme modèle économique et politique que comme modèle social. La croissance est présentée comme le remède universel à tous les maux sociaux.
    La notion de bonheur a été liée à l’accroissement du niveau de vie et à la possession de biens.
    L’apparition de la publicité comme « création de besoins » a façonné un imaginaire collectif autour de l’acquisition comme voie vers le bonheur.
    Depuis la révolution industrielle au 19e siècle et encore plus depuis la fin de la 2e guerre mondiale : croissance, bonheur et justice sont associés. Pas de bonheur sans croissance. On ne peut pas faire autrement que croître. Vous ne serez heureux que si vous avez le dernier PC, le dernier … Pas d’outils pour penser autrement.

    - Des indicateurs tels que le PIB (Produit Intérieur Brut) sont censés mesurer la croissance
    Pour mesurer la croissance, on a utilisé des indicateurs qui sont censés traduire en chiffres et en graphiques l’évolution de la croissance. Malheureusement, le PIB ne tient compte que des flux monétaires et on arrive à des aberrations telles qu’une catastrophe naturelle, une opération de dépollution, les soins suite à des maladies dites « de civilisation » ou un accident de voiture fait grimper le PIB puisqu’ils génèrent des frais et des paiements.
    Le PIB d’un pays (de manière simplifiée) est la somme de tous les flux financiers opérés dans ce pays y compris les « mauvaises choses » tels que maladies, accidents, …

    2. Des signes alarmants

    Quatre types de signes nous montrent que la croissance telle que comprise généralement fait fausse route :

    - la raréfaction des ressources naturelles, surtout énergétiques (pétrole, gaz, minerais, uranium) mais aussi agricoles et biologiques dont la diminution de la biodiversité et les raréfactions piscicoles.
    On sait, depuis le premier « choc pétrolier » de 1973, que les réserves en combustibles fossiles sont limitées. L’estimation des réserves évolue mais tous placent l’horizon de la consommation telle qu’actuellement aux alentours de 2025. Mais la consommation des produits énergétiques fossiles augmente encore, entre autre par l’arrivée des chinois et des indiens dans la sphère des pays industrialisés.
    Le maximum de production de pétrole aux E-U a déjà été atteint dans les années 70 ; dans les pays du Golfe, c’est maintenant. Mais la consommation continue à augmenter.
    L’aviation telle qu’on la connaît actuellement va fort diminuer dans les 10 ans qui viennent car il n’y a pas d’alternative énergétique au fuel utilisé.
    Les ressources d’uranium (cfr pour l’énergie nucléaire) sont rares.
    Notre génération a consommé des ressources naturelles +++ que la terre a mis des millions d’années à fabriquer.

    - la détérioration du climat à l’échelle mondiale
    Depuis le dernier rapport du GIEC, il ne fait plus de doutes pour personnes que le climat s’est largement détérioré, apportant son lot de perturbations (tempêtes, hausse anormale des températures) et que les risques d’élévation du niveau des mers vont contraindre un grand nombre de personnes à émigrer.

    - l’accumulation des déchets
    Les déchets s’accumulent sur la planète, y-compris dans les océans : métaux lourds, plastiques, déchets chimiques, pesticides, produits pharmaceutiques, déchets de combustibles nucléaires, matériel informatique obsolète, voitures, etc. ces déchets entraînent des pollutions diverses dangereuses pour toute les espèces.
    L’accumulation des déchets : on en parle moins maintenant (on parle + du réchauffement climatique). Les déchets nucléaires sont radio-actifs pendant des centaines d’années. Quid des effets des antibiotiques, des oestrogènes dans l’eau recyclée.

    - la croissance des inégalités entre les peuples mais aussi au sein des nations
    Les inégalités sont en hausse partout,
    .que ce soit entre les peuples : les écarts entre les pays les plus riches et les plus pauvres sont passés de 1 à 30 dans les années soixante à 1 à 80 dans les années 80 et ils continuent à se creuser
    .qu’au sein même des nations : il y a augmentation de la pauvreté dans quasi tous les pays industrialisés.
    Les demandes aux CPAS sont en augmentation.
    Des tensions comme ça ne peuvent pas durer trop longtemps. Les habitants des pays pauvres veulent venir chez nous.
    Les capacités de régulation et distribution des Etats se démantèlent.
    Le pouvoir économique est de plus en plus concentré.
    Les entreprises deviennent de plus en plus grosses, se forment en multinationale. Une csq : elles sont plus loin de la base et il y a moins de régulation par la politique du pays d’origine.
    Si règles européennes prises en matière de C02 et que ces mêmes règles ne sont pas suivies au niveau mondial, l’Europe est pénalisée au niveau économique.
    Les services d’intérêt général se marchandisent (la santé, l’éducation, l’accès à l’eau, les transports publics).

    Le système fonctionne grâce à :
    .la concentration de la production
    .une extension des déplacements de biens et des personnes
    .une pression constante de la publicité
    .l’obsolescence programmée des produits : les produits fabriqués sont de moins en moins faits pour durer. Cela devient de plus en plus difficile de réparer.
    Il y a aussi une surabondance de choix. On achète souvent sur des critères non objectifs.
    Le soi-disant « bien être » est illusoire : notre société « développée » est malade de sa richesse et la qualité de notre vie se dégrade.
    Bref, nous avons dépassé un seuil : la croissance économique chiffrée continue alors que les indicateurs de niveau de bien-être montrent une détérioration.
    Autre exemple : la provenance des légumes : des 4 coins du monde ! Quid des coûts de transport, de la manière de produire, des règles sociales et écologiques plus ou moins respectées ? -> commerce équitable : s’assurer que du côté du producteur les règles sociales et écologiques sont respectées.

    3. Des essais de réponse

    Parmi les essais de réponse, trois sont à prendre en considération :

    - des indicateurs de croissance plus complets.
    La critique des ambigüités des formules telles que le PIB a amené à développer d’autres indicateurs, dont particulièrement :

    l’IDH (Indice de Développement Humain).
    Cet indicateur a été développé par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) et il prend en compte, outre le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le taux d’instruction. Son application montre le découplage avec le seul PIB : quatre pays membres du G8 ne sont pas dans les 10 pays les mieux cotés par l’IDH.
    IDH très bon dans les pays scandinaves. Par contre ni les E-U, ni la France ne sont dans les meilleurs au point de vue IDH. La Belgique n’est pas mal classée.

    L’empreinte écologique
    Cet indicateur, développé par le WWF, mesure l’espace dont un individu a besoin pour soutenir son mode de consommation ou son style de vie. Pour que la terre puisse soutenir le style de vie de ses habitants, l’empreinte écologique ne devrait pas dépasser 1,8 hectares. Or, un américain moyen en consomme 9,5, un belge 5,2, un indien 0,8. Cela souligne le caractère « insoutenable » du style de vie occidental face à la finitude des possibilités de la terre.

    - la croissance soutenable / le développement durable
    Le développement durable a été mis en avant par le rapport Bruntland et a été adopté à Rio par une conférence des Nations Unies en 1992. Il se définit par « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
    Il vise à harmoniser l’économique, le social et l’environnement.
    Malheureusement, à côté de catalogues de bonnes intentions, de principes et de programmes d’action, il comporte des ambigüités qui permettent toutes les interprétations et l’utilisation du concept par des opérateurs économiques pour leurs seules fins de marketing.
    Parmi les partisans du développement durable, les arguments pour le défendre sont que :
    le concept est « vendable » parce qu’il ne s’attaque pas au niveau de vie atteint
    le développement technique va permettre de répondre à la plupart des grandes questions posées par la baisse de la consommation, un meilleur recyclage, etc.

    - la décroissance
    Pour beaucoup, le développement durable est une mauvaise réponse parce qu’elle ne s’attaque pas à la base du problème et pas de façon assez radicale or il y a urgence. Depuis que le concept de développement durable est lancé (15 ans), bien peu de résultats ont été engrangés et cela montre l’insuffisance de cette proposition.
    En gros, le mouvement pour la décroissance prône :
    .une réduction drastique de la consommation et donc de la production
    .un recentrage sur le local
    .un retour vers les vraies valeurs humaines : la solidarité, la proximité, le temps choisi, etc.
    .l’urgence de mettre en place des systèmes de décision locaux, démocratiques et suffisamment simples pour éviter que, lorsque la crise éclatera, nous ne soyons confrontés à la guerre économique totale ou à une gouvernance technocratique sans participation.

    Notre surcroissance économique dépasse déjà largement la capacité de charge de la terre. Si tous les citoyens du monde consommaient comme les américains moyens les limites physiques de la planète seraient largement dépassées. Si l’on prend comme indice du "poids" environnemental de notre mode de vie "l’empreinte" écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire, on obtient des résultats insoutenables tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. En prenant en compte, les besoins de matériaux et d’énergie, ceux nécessaires pour absorber déchets et rejets de la production et de la consommation et en y ajoutant l’impact de l’habitat et des infrastructures nécessaires, les chercheurs travaillant pour le World Wide Fund (WWF) ont calculé que l’espace bioproductif par tête de l’humanité était de 1,8 hectare. Un citoyen des Etats Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, Un canadien 7,2, un européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectares, en admettant que la population actuelle reste stable.
    Pour survivre ou durer, il est donc urgent d’organiser la décroissance. Quand on est à Rome et que l’on doit se rendre par le train à Turin, si on s’est embarqué par erreur dans la direction de Naples, il ne suffit pas de ralentir la locomotive, de freiner ou même de stopper, il faut descendre et prendre un autre train dans la direction opposée. Pour sauver la planète et assurer un futur acceptable à nos enfants, il ne faut pas seulement modérer les tendances actuelles, il faut carrément sortir du développement et de l’économicisme comme il faut sortir de l’agriculture productiviste qui en est partie intégrante pour en finir avec les vaches folles et les aberrations transgéniques.
    Si on est dans le mythe du développement durable, on n’aura pas le temps de réagir à temps, ce sera donc encore plus dur de s’adapter. Avec la décroissance, on est dans un mouvement plus radical. Mais comment faire ? Tout cela n’est ni facile, ni simple ; il ne faut pas non plus tomber dans la régression. Quid du problème de l’emploi p.ex.: trouver d’autres types d’emploi !? Il faut travailler et impliquer les gens dans cette réflexion et notamment celle sur la simplicité volontaire.

    4. Et la simplicité volontaire ?

    Dans ce large foisonnement de questions, de défis et d’essais de réponses, le mouvement de simplicité volontaire est l’élément individuel ou au moins personnel : c’est le côté « pratique concrète » de la réponse aux impasses de notre modèle de croissance.
    Il est le complément, probablement indispensable dans le changement culturel à adopter, aux aspects plus politiques et globaux.

    Bibliographie

    - En Belgique et sur internet : mouvement politique des objecteurs de croissance

    - Serge Latouche : « Survivre au développement » aux Editions Mille et une Nuits (le plus accessible ; c’est un partisan de la décroissance).

    - Hubert Reeves : « Mal de Terre ». Il est plutôt pessimiste ; il est fort possible que l’espèce humaine s’arrête.

    - Christian Arnsperger : « Critique de l’existence capitaliste » et « Ethique de l’existence post-capitaliste », p
    our un militantisme existentiel

    - Albert Jacquard : « J’accuse l’économie triomphante »

    - Les équipes populaires : « Croître ou décroître », points de repères, juin 07

    - Revue « Imagine » : plusieurs numéros

    - « La décroissance pour tous » aux Editions Parangon. Accessible aussi.

    En savoir plus sur :

    - La simplicité volontaire
    - La démarche de SV au sein d’Ages & Transmissions
    - Comment nous avons eu l’idée de constituer un atelier de SV
    - L’atelier de SV au sein d’A&T

    Appel à témoignages et débat

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