• Site interactif d’Ages & Transmissions asbl dédié aux tranches de vie et aux débats

  • accessibilite

      fontsizeup fontsizedown Enregistrer au format PDF

    Recherche

    Articles associés

    Extrait du cahier « Je raconte ma vie » dans un groupe multiculturel à la bibliothèque de Laeken 2012-2013

    Paule

    Nous étions trois filles à la maison. Moi, j’étais le garçon manqué ; j’aimais bien jouer avec des revolvers et à la guerre.

    Je trouve que la cause féministe est peu nuancée … comme toutes les « grandes causes » d’ailleurs. On a de la chance d’avoir eu des féministes ici et c’était très important mais je trouve qu’on va trop loin. Aujourd’hui, nous les femmes, sommes égales en droit avec les hommes. Je ne suis pas une militante féministe et je trouve que les femmes et les hommes ont des rôles différents. Sur ce sujet, il n’y a pas assez de réflexion. L’émancipation des femmes, ce n’est pas de l’égalitarisme.

    Martine

    Quand j’étais enfant, le samedi était le jour de la lessive. Mon frère restait dans son lit. Ma sœur était obligée de faire la lessive. Moi, j’étais trop petite.

    Plus tard tous les enfants ont suivi des cours du soir. Quand mon frère arrivait le soir, ma mère réchauffait son assiette ; ma sœur devait la réchauffer elle-même. Tout cela me révoltait et c’est pour cela que j’ai été militante féministe. Mon frère et ma sœur ne s’entendent pas du tout encore aujourd’hui à cause de ça … enfin, je suppose.

    Moi aussi, je trouve que toutes les causes sont un peu extrémistes. Il y a des années, j’ai été à la Maison des Femmes, à la rue Blanche. Je n’y ai jamais vu aucun homme. J’ai fait toutes les manifs pour l’avortement etc… J’y ai suivi des cours de self-défense. Au fur et à mesure, les participantes ne parlaient plus que d’elles, des agressions … Mon futur mari un jour est venu m’y rechercher : « je viens chercher ma femme ». « Ta » femme, mais quelle femme ? J’ai arrêté d’y aller.

    Mon mari ? Il cuisine, il a mis les langes à nos enfants …

    Emma

    Chez moi, en Espagne, nous étions 3 filles et un garçon, l’aîné. Ma mère était fort malade ; c’était mon père qui faisait beaucoup à la maison, il faisait le ménage, il était très gentil. Ma mère me demandait l’argent que je gagnais et le donnait à mon frère pour qu’il aille au café.

    Plus tard, quand j’ai été mariée, mon mari voulait donner un coup de main dans le ménage, mais les autres hommes lui disaient : tu as une femme pour ça ! Mon mari, il faut tout lui demander et il faut lui dire merci en plus. Un de mes trois fils aide spontanément, les deux autres ont suivi l’exemple de leur père : mama est là pour ça !

    Nicole

    Quand j’étais adolescente, je me disais que plus tard j’aimerais m’occuper de mes enfants. Dans les 7 premières années de mon mariage, j’ai travaillé. Ensuite avant d’accoucher pour la première fois, j’ai arrêté. J’avais l’impression d’être sans valeur ; mon mari gagnait bien sa vie. Quand on demandait à mon mari ce que je faisais, il répondait : ma femme, elle ne fait rien, elle est à la maison. Mon mari ne langeait pas les enfants, ne les lavait pas. Un jour, nous sommes partis en vacances, les enfants avaient quelques mois ; il m’a dit : mais tu n’arrêtes pas entre les repas, la lessive et le reste ! Une jeune fille a été engagée pour m’aider. Rester à la maison n’est pas un travail gratifiant. L’homme, lui, il trouve cela normal.

    Quand mon mari est devenu indépendant, j’ai dû recommencer à travailler comme secrétaire. Ma fille avait 15 ans et elle ne l’a pas bien supporté. Mon mari, forcé et contraint, faisait juste les grosses courses en plus.

    Botayna

    J’ai vu le visage de mon mari la première fois sur mon lit le jour de mon mariage … Vingt-cinq ans après, nous sommes toujours amoureux …

    J’aime le contact avec les enfants et avec les femmes plus âgées. Depuis 20 ans, je garde des enfants et j’aide des femmes âgées. Je gagne ainsi de l’argent et c’est mon argent. Mon mari n’aime pas ça ; il dit qu’on en n’a pas besoin. Mais grâce à ça, depuis 20 ans, je n’ai pas demandé de l’argent de poche à mon mari.

    Rosa

    J’ai travaillé dans une usine de confection, j’ai été repasseuse et j’ai travaillé dans une maroquinerie. L’indépendance financière, j’aime cela ! Je ne demande rien à mon mari et j’en suis fière. Mon mari m’a toujours aidée pour les enfants, le ménage. Tous les deux, nous travaillions beaucoup y compris des heures supplémentaires et nous ne gagnions pas beaucoup.

    Saïmé

    Je ne voulais pas rester à la maison. En 1976, j’ai travaillé : j’ai fait des ménages dans les bureaux. Mon mari n’était pas d’accord. Mais j’ai tenu bon.

    Mijanou

    Mon père voulait que ma grande sœur, née en 1935, soit « femme au foyer ». Quant à moi – je suis née en 1947 - il voulait que j’étudie plus longuement afin exercer un métier qui me plaise. Ses idées sur le rôle de la femme dans la société avaient évolué. J’ai toujours eu une vie professionnelle. C’était indispensable pour mon équilibre. Mon mari collaborait beaucoup aux « corvées ménagères » et s’occupait avec moi de notre fille.

    Répondre à cet article

    Veuillez vous connecter afin de participer au forum
    Si vous ne possédez pas encore d'identifiants, vous pouvez vous inscrire ici: Inscription

    Forum sur abonnement

    Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

    [Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]


    Forum sur abonnement

    Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

    [Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]

    Haut